DOWNTON ABBEY : UNE SERIE BRILLANTE ET RESOLUMENT ROMANTIQUE

Manifestement,  c’est la plus grande découverte de série télé de l’année 2012.

Crée par Julien Fellowes, réalisé brillamment par Brian Percival, portés par des comédiens talentueux, dont l’illustre actrice Maggie Smith, cette série anglaise a remporté les récompenses les plus prestigieuses, dont plusieurs Emmys et un Golden globe.

Elle s’est imposée comme une série à la direction artistique magistralement menée et hissée au summum du raffinement et au sens dramaturgique captivant. De par sa finesse, elle est devenue une référence incontournable des tendances de la mode et du savoir vivre à la plus pure des traditions anglaises.

Le jeu des acteurs, le décor, les prises de vue et la composition brillante du film emporte tout de suite le spectateur dans un autre monde. L’excellence du scénario et des dialogues ne laisse guère le temps de s’habituer aux personnages : on est tout de suite pris au jeu.

L’histoire débute en 1912, avec l’annonce du naufrage du Titanic. Les héritiers de Downton Abbey ayant péri lors du naufrage du célèbre navire, la famille Crawley se retrouve dans une position délicate : les trois descendantes ne pouvant prétendre au titre de Lord Grantham. Or, le titre, le domaine et la fortune de la famille sont indissociables. Matthew Crawley, lointain cousin, avocat de profession, désigné comme étant l’unique successeur, arrive à Downton. Il y découvre un autre monde, avec ses propres codes et protocoles. Sa réticence quant au bouleversement imprévu de sa vie en général, va vite laisser place à la curiosité, séduit par la personnalité de Lord Grantham. Si ses relations agitées et souvent antagoniques avec Mary, fille ainée de Lord Grantham, constituent un des axes majeurs de la série, le film est avant tout l’histoire d’une famille, au sens large du terme, entremêlant aristocrates et serviteurs.

Il est indéniable que la toile de fond parfaite de la série contribue à son charme, mais c’est la délicatesse de traitement du rôle des sujets masculins,- des aristocrates comme des domestiques,- qui épate le plus. Pour une fois les hommes ne sont pas caricaturés comme étant « menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches »,- comme écrivit De Musset, – ou des grèges servant uniquement à faire la guerre. Bien au contraire : ils revêtent le rôle de garants des traditions et des valeurs, lesquelles mêmes parfois rigides, constituent le socle des rapports au sein de la famille et des relations sociales.

Est-ce pour cela qu’on est touché par le personnage du comte Robert Crawley, Lord Grantham : un homme charismatique, aimé de tous, qui consacre sa vie au domaine dont il a hérité. Père de famille, il gouverne d’une main ferme, mais avec beaucoup d’empathie, de respect et d’humilité sur le Downton Abbey. Il y a aussi Carson, majordome du château : autoritaire, parfois grognon, il veille sans relâche sur tout le personnel, n’accepte aucun écart de conduite par rapport aux traditions de la vieille Angleterre, mais est l’exemple parfait de loyauté, de fidélité et de dévotion à la famille pour laquelle il travaille.

Le succès de la série tient sans doute, pour une grande part, à la richesse des dialogues et à la finesse de traitement de tous les personnages, où l’humour acerbe pour certains, clairvoyant et moins conformiste pour d’autres, animent et font de temps à autres des dévastes dans les hautes sphères de la vie de cette demeure. C’est pourquoi, il est impossible de désigner dans cette série un personnage principal, tant le rôle et la présence de chacun participe à la magie du film.

Brillante et résolument romantique, cette série renferme un noyau émotionnel assez riche avec un esprit de l’époque édouardien à la fois libre et mesuré.